WIRE — © Actualité.cdLes violences xénophobes qui secouent l'Afrique du Sud se sont invitées au cœur de la rencontre entre Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa, ce jeudi 2 juillet à Kinshasa. Face aux inquiétudes exprimées par son homologue congolais au sujet des attaques visant plusieurs ressortissants africains, le président sud-africain a défendu une approche fondée sur la coopération continentale, tout en reconnaissant les défis auxquels son pays est confronté. Cette séquence diplomatique intervient alors que les tensions autour de la question migratoire continuent de susciter l'émotion dans plusieurs pays africains, notamment en République démocratique du Congo. Tshisekedi appelle à une gestion plus humaine de la crise Devant son invité, Félix Tshisekedi a rappelé que chaque État est libre de définir sa politique migratoire. Mais, selon lui, cette souveraineté ne doit jamais se faire au détriment de la dignité humaine. Le président congolais a plaidé pour une gestion " avec humanité, responsabilité et retenue ", appelant à protéger les droits fondamentaux des personnes concernées tout en préservant les valeurs de solidarité qui fondent les relations entre les peuples africains. Son intervention intervient dans un contexte marqué par les actions du mouvement Operation Dudula, qui réclame le départ des étrangers en situation irrégulière et dont les campagnes ont été suivies de nombreux actes de violences, de pillages et d'agressions contre des migrants. Ramaphosa mise sur une coopération entre États africains En réponse, Cyril Ramaphosa a estimé que la question migratoire dépasse les frontières nationales. " La question de la migration ne peut pas être gérée par un seul pays. Nous devons travailler ensemble en tant que pays africains pour résoudre cette question ", a déclaré le président sud-africain. Reconnaissant les difficultés rencontrées par son pays, il a également insisté sur la nécessité de garantir le respect des droits des ressortissants étrangers vivant en Afrique du Sud. Le chef de l'État sud-africain a évoqué plusieurs pistes de travail, notamment un dialogue renforcé entre les pays concernés, des campagnes de sensibilisation ainsi qu'une meilleure gestion des documents d'identité afin de concilier sécurité et protection des droits des migrants. En revanche, aucune annonce concrète n'a été faite concernant de nouvelles mesures destinées à renforcer immédiatement la protection des étrangers ou à accélérer les poursuites contre les auteurs des violences. Une question migratoire qui pèse sur les relations régionales La RDC suit avec une attention particulière l'évolution de la situation en Afrique du Sud, où réside une importante communauté congolaise. Ces dernières semaines, plusieurs ressortissants africains, notamment originaires de la région des Grands Lacs, ont été victimes d'agressions et d'expulsions forcées dans certains townships, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des migrants. Si la rencontre de Kinshasa a permis aux deux chefs d'État d'afficher leur volonté de poursuivre le dialogue, elle rappelle également que la gestion des migrations et la lutte contre la xénophobie demeurent parmi les défis les plus sensibles auxquels le continent africain est aujourd'hui confronté.
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